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Le doc du mois d'octobre

Couper des lettres en deux : un exemple de chirographe (vers 1194)

Alors que la saison des vendanges se termine dans notre département et alentours, nous vous proposons de revenir sur un document du 12ème siècle en rapport avec le vignoble local.

Il s'agit d'un parchemin en latin notifiant la transaction entre l'abbaye Sainte-Croix de Poitiers et le clerc Aimeri Bozier, d'une vigne située à proximité du bourg de Montierneuf. L'écriture, entre la minuscule caroline et la gothique, est tout à fait lisible, d'autant que l'encre, dense, ressort convenablement.

La particularité de cet acte vient de son mode de validation, "le chirographe". Il faut imaginer que le texte de cette transaction était écrit deux fois et tête-bêche sur le même parchemin. Les deux textes étaient séparés par trois mots, écrits en grosses lettres capitales : « NON DELEATUR HOC » (Afin que ceci ne soit pas détruit). Puis le parchemin fut coupé en deux, et chaque partie contractante en reçut la moitié. En cas de contestation, les deux parties rapprochaient les deux morceaux de cuir, qui devaient concorder.

La technique du chirographe ne survivra pas au Moyen Age central. A l'époque moderne, souscriptions et sceaux se fondront presque entièrement en un unique mode de validation beaucoup plus connu de nos jours : la signature.


Source : Douze siècles d'écrit en Poitou, E. Bouyé


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