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Le doc du mois de juin

le 01/06/2016

La musique dans les camps

L'exposition « Des camps dans la Vienne, 1939-1945 : contrôler, exclure, persécuter », présentée aux Archives départementales du 19 janvier au 22 avril 2016 a été l'occasion de découvrir certains aspects méconnus de l'internement dans les camps, en particulier celui de l'omniprésence la musique.
Cette musique, présente à la fois dans les camps d'internement de Rouillé et de la route de Limoges à Poitiers, semble jouer un rôle important auprès des internés dans leur volonté de résister à un quotidien oppressant.
Route de Limoges, certaines paroles de chansons écrites dans le camp détournent celles de chansons connues. C'est le cas par exemple des paroles écrites par une jeune internée juive de 13 ans, Françoise Frank, sur l'air de « Bel ami », de Tino Rossi, qui aurait été fredonnée par les internés :

« Près de Poitiers, dans les baraquements,
Les puces sautent, les rats grattent tout le temps.
Toute la nuit on en a plein la tête,
Des rats grossiers, des souris qui font la fête.
Enfin le matin on se lève de bonne heure,
Pour l'appel qui nous fait tellement peur ;
C'est le flic qui s'énerve.

Refrain :
Les carottes, les navets et les choux
Ça commence à nous rendre tous fous.
Pas de viande ni d'gâteaux,
On s'en passe bien quand il faut,
Les carottes, les navets et les choux.


A chaque instant nous sommes tous tentés
De sauter par-dessus les barbelés ;
Mais il ne faut pas perdre la tête,
Car la prison pour nous est toute prête.
Dans un cachot il nous faut moisir trois jours,
Rien qu'au pain sec, l'estomac pas bien lourd.
Enfin mieux vaut pas essayer
Car l'on regretterait.

Refrain

 

A Rouillé, la musique s'incarne avant tout dans la figure de Louis « Marco » Marcovitch. Musicien professionnel, il prend la tête d'un groupe d'internés politiques et fonde un orchestre. Les instruments sont récupérés par la sœur Chérer parmi la population. Durant sa captivité dans le camp, Louis Marcovitch écrit au moins deux partitions : le « Chant de Rouillé » et le « Chant d'Espoir ». Les internés politiques, mieux structurés par définition, se produisent devant les autres internés lors de soirées de « gala » qu'ils organisent dans le camp, comme celle du réveillon du 25 décembre 1942.


Légende de l’image :
-     L’orchestre de Rouillé pris en photo par Camille Lombard, photographe de Rouillé [1942]. Louis Marcovitch est debout au centre, avec son saxophone. Collection : Musée de la résistance Nationale / AD86_12J45_201

 

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