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Le doc du mois de février

le 01/02/2017

Le doc du mois de février

PINDER en met plein la vue !

C'est en 1854, en Angleterre, que George et William Pinder, spécialistes de l'art équestre, créent leur premier cirque. Un cirque qui, à l'origine, ne s'appelle pas « Cirque Hippodrome Pinder », mais Britania (ou Britanic), du nom du navire dont la voile servit pour façonner le chapiteau des deux frères.

Après avoir tourné quelque temps en Angleterre, la concurrence de plus en plus importante conduit les deux frères à s'expatrier sur le continent au printemps 1868 et c'est en septembre qu'il foule pour la première fois le sol français (pour réembarquer quelques semaines plus tard pour l'Angleterre). En 1869 le cirque fait une tournée en Angleterre et, en fin de saison, retourne en France. L'habitude est prise, et les allers et retours entre le continent et le Royaume-Uni se multiplient avant l'implantation définitive en France, en 1904, sous la direction d'Arthur Pinder, fils de William Pinder.

 

C'est donc dans cette période d'allers et retours que le « Grand Hippodrome Pinder » passe dans notre région en 1889. L'affiche a été conçue par un imprimeur de Belfast mais, pour chaque annonce d'événement, le promoteur faisait appel à des imprimeurs locaux pour réaliser les tirages nécessaires. Il se tourne alors vers une des plus anciennes imprimeries du département, celle d'Arthur Roiffé à Loudun.

On retrouve sur cette affiche tous les codes de la réclame d'antan, couleurs vives, illustration  sensationnelle, des qualificatifs plus emphatiques les uns que les autres*, y compris le fameux « la Direction n'a reculé devant aucun sacrifice » !

L'affiche conservée aux archives de la Vienne est en fait l'épreuve établie par l'imprimeur car on retrouve au verso de celle-ci des annotations manuscrites indiquant le nombre d'exemplaires pour les communes concernées par le passage du cirque :

150 Thouars lundi 25 novembre 1889 un seul jour

150 Bressuire mardi 26

200 Parthenay mercredi 27

200 St Maixent jeudi 28 novembre 1889

2 grandes représentations à 3 h et 8 h du soir

un seul jour

Rien d'étonnant de trouver ici uniquement des communes deux-sévriennes : l'imprimerie travaillait régulièrement sur ce territoire à l'époque. Fait étonnant en revanche, on ne trouve pas de publicité dans les journaux locaux pour le passage dans notre département ; tout au plus une annonce dans le Mémorial du Poitou pour la représentation châtelleraudaise du 22 novembre 1889.

 

Il est à noter que l'affiche est couplée à un bandeau signalant que « La direction a l'honneur de prévenir le Public qu'aucun individu de NATIONALITE ALLEMANDE n'est employé parmi des membres composant son personnel ». La guerre de 1870 n'est pas si loin dans les mémoires : le nom de Pinder peut éventuellement être entendu comme d'origine allemande et donc prêter à confusion quant à l'origine du cirque.

* Le gymnasiarque, dans la Grèce antique, était le directeur et responsable du gymnase. Par extension, le terme désigne le gymnaste lui-même et donc, dans le contexte d'un cirque, un acrobate.

 

 


En savoir +

 

L'imprimerie d'Arthur Roiffé est restée connue par la suite sous le nom de "Firmin", ce nom étant en fait la dernière raison sociale d'une imprimerie emblématique de Loudun, active sans discontinuer durant plus de 200 ans.

Il faut en effet remonter en 1794 pour trouver les prémices de cette entreprise avec un certain Challuau. Son neveu Michel Bruneau-Rossignol lui succède en 1830 et s'installe 7 place de la Boeuffeterie, adresse qui restera le lieu d'implantation de l'imprimerie jusqu'à sa fermeture. Michel Bruneau-Rossignol crée et imprime à partir de 1836 le Journal de l'arrondissement de Loudun. L'imprimerie est ensuite rachetée en 1858 par Ernest Mazereau, qui rebaptise au passage le bimensuel en Journal de Loudun et en fait un hebdomadaire. L'imprimerie elle-même passe dès 1862 entre les mains de Benjamin Roiffé puis, à partir de 1882, de son fils Arthur.

Revendue en 1903 à Louis Blanchard, l'imprimerie ne quittera plus jamais la famille. A son décès en 1921, c'est sa veuve qui reprend l'activité. C'est en 1924 que le nom « Firmin » apparait sous le patronyme du gendre de Blanchard : Marius Firmin ! Michel, son fils, reprend les reines en 1970 et ce jusqu'à sa fermeture en 2004.

L'ensemble donne un aperçu très vivant de toute la vie publique locale pendant plus d'un siècle (les archives d'avant 1887 n'ayant pas été conservées).

 

Les archives de l'imprimerie Firmin ont été données au Département de la Vienne le 2 mars 2004 par son dernier propriétaire, Michel Firmin. Ce don a eu lieu au moment de la cessation définitive de l'activité de l'imprimerie. Leur inventaire est consultable ici.

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