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Le doc de l'été

le 03/07/2017

Un acte banal, un sceau exceptionnel

Le 7 mai 1240, Thomas et Jeanne Odet, habitants d'Angles-sur-l'Anglin, obtiennent de l'abbaye Sainte-Croix l'autorisation de construire sur leur propriété en prenant appui sur le mur d'une maison voisine appartenant à ladite abbaye. En échange, le couple s'engage, et leurs descendants à leur suite, à payer une redevance de deux deniers par an à l'abbaye. Il s'agit là ni plus ni moins que de la création d'une servitude, opération somme toute fort banale entre voisins, de nos jours encore.

C'est pourtant bien ce simple accord entre voisins il y a près de 800 ans qui crée aujourd'hui l'événement aux Archives départementales de la Vienne. L'accord a en effet donné lieu à un acte écrit, établi en latin sur parchemin et d'une modestie proportionnée à l'importance toute relative de son contenu : avec ses 8 cm de haut sur 13 cm de large, il est encore plus petit qu'une carte postale.

En revanche, l'acte est doté du sceau de l'abbaye Sainte-Croix d'Angles, établissement religieux qu'il importe de ne pas confondre avec la célèbre abbaye bénédictine portant le même nom mais située à Poitiers. Lors de la rédaction de l'acte, l'abbaye d'Angles a, selon l'usage alors courant, fait apposer son sceau pour garantir l'authenticité de l'acte et éviter qu'il puisse être contesté. Or, de ce sceau ne subsistent aujourd'hui que deux exemplaires connus. L'un est apposé au bas d'un acte de 1211 conservé aux Archives départementales de la Vienne parmi les archives de l'abbaye Saint-Cyprien de Poitiers.

Le second est donc celui qui authentifie l'acte rendu au profit de Thomas et Jeanne Odet. L'existence de ce second exemplaire était déjà connue des spécialistes depuis longtemps mais, conservé dans des collections privées, il demeurait virtuellement inaccessible pour le public. Sa mise en vente à l'initiative de son dernier propriétaire a fourni l'occasion de le faire entrer dans les collections publiques et de le rapprocher de l'autre exemplaire connu : le Département de la Vienne, avec l'aide financière de l'Etat, a pu s'en porter acquéreur en avril dernier, et les deux exemplaires seront désormais conservés ensemble aux Archives départementales de la Vienne.

Les deux exemplaires ne sont d'ailleurs pas complètement similaires. Certes, leur face principale présente le même motif : une croix latine flanquée des lettres grecques omega et alpha. Sur l'acte de 1211, ce motif est même plus complet que sur celui de 1240. En revanche, l'exemplaire de 1240 présente au revers un contresceau (une croix grecque) alors que l'exemplaire de 1211 est dépourvu de tout motif au revers. Cela confère à l'exemplaire de 1240 un intérêt tout particulier que Thomas Odet et ses contemporains étaient évidemment bien incapables d'imaginer lorsqu'ils s'accordaient entre voisins.


Sources :

-          Sceau n°1235. Permission donnée par Guillaume, abbé, et le couvent de Sainte-Croix-d'Angles à Thomas Odet et Jeanne sa femme, de construire contre le mur d'une maison appartenant audit couvent, moyennant deux deniers de cens, le 7 mai 1240.

-          Sceau n°59. Transaction par laquelle l'abbé de Saint-Cyprien renonce à la collation de l'église de Sainte-Croix d'Angles et affranchit les chanoines de cette église d'une redevance d'un setier de froment, moyennant la cession de la terre de Jaumenge, 1211.

Bibliographie :

-          François Eygun, Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515, Poitiers, 1938, notice n°1438, p. 404, planche n°XLVI.

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