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Le doc du mois d'avril

le 03/04/2018

Portrait gravé de Gaspard Freuler

Portrait gravé de Gaspard Freuler

Une sépulture mouvementée...

A l’automne 1651, les troubles de la Fronde battent leur plein : d’un côté, le prince de Condé contrôle toute la Guyenne depuis Bordeaux ; de l’autre, Paris est aux mains du Parlement. Dans ses tentatives pour reprendre la main sur ces deux fronts, Anne d’Autriche, mère du jeune Louis XIV, décide alors d’installer la cour entre les deux, à Poitiers.


En cette période profondément incertaine, la protection du roi reposait tout particulièrement sur le régiment des gardes suisses, unité d’infanterie recrutée dans les cantons de la confédération helvétique. Le commandement de cette unité était alors assuré, depuis 1635, par le colonel Gaspard Freuler, originaire du canton de Glaris, dans l’est de la Suisse. Du fait d’un état de santé préoccupant, il se voit contraint de laisser le cortège royal poursuivre sa route sans lui vers Poitiers. Lui-même, en compagnie d’un groupe d’officiers et de domestiques, fait halte à Saint-Savin, où il est soigné chez le chirurgien du lieu, Jean Bonnestat. Malgré tout, il finit par décéder à Saint-Savin le 4 novembre 1651, à l’âge de 58 ans.
Son entourage sollicite alors la prestigieuse abbaye voisine afin que leur éminent colonel puisse être inhumé dans l’abbatiale, à leurs yeux le seul lieu à Saint-Savin digne du commandant de leur régiment. Les religieux font cependant valoir que personne, pas même leurs propres abbés, n’a jamais été mis en terre dans l’abbatiale. On dépêche donc à Poitiers un maréchal des logis auprès du roi, qui revient à Saint-Savin muni d’un ordre formel de Louis XIV daté du 5 novembre exigeant que l’abbatiale accueille la dépouille de Gaspard Freuler, « des services duquel il nous reste tant de satisfaction ».


Le refus des religieux de Saint-Savin cède évidemment devant la volonté royale, et le défunt colonel trouve finalement sa dernière demeure « devant l’autel de Nostre Dame aultrement de sainct Michel l’arcange, assez près de la muraille du jardin Saint-Ma… du costé du soleil couchant ».
Pour attester de la validité de cette sépulture, toutes ces péripéties ont été consignées dans un procès-verbal très précis signé par l’aumônier et plusieurs des soldats du régiment alors présents, procès-verbal que l’on retrouve aujourd’hui dans les archives de l’abbaye de Saint-Savin, accompagné de la lettre du roi du 5 novembre. Bien leur a pris sans doute car, non seulement la paroisse de Saint-Savin n’a conservé aucun acte de sépulture antérieur à 1656, mais surtout la tradition semble avoir retenu que Gaspard Freuler était mort « à Paris », comme l’indique par erreur l’inscription figurant sous son portrait gravé à une date indéterminée.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Documents présentés :
-    Lettre de Louis XIV aux religieux de l’abbaye de Saint-Savin, Poitiers, 5 novembre 1651 (1 H 7 / 3).
-    Procès-verbal d’inhumation de Gaspard Freuler dans l’abbatiale de Saint-Savin, le 6 novembre 1651 (1 H 7 / 3).
-    Portrait gravé de Gaspard Freuler, publié dans P. de Vallière, « Histoire du régiment des gardes suisses en France (1567-1830) », Revue militaire suisse, 56e a., n°1, janvier 1911, p. 1-25, pl. IV hors texte.


Nous remercions M. Claude Diethelm pour avoir attiré notre attention sur cet épisode inattendu de l’histoire de l’abbaye de Saint-Savin.

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